3 questions du Covid 19 aux chrétiens : 1) Notre rapport a la politique

Mis à jour : févr. 15

Beaucoup s’accordent qu’il y aura un avant et un après cette crise sanitaire. Et nous ? Chrétiens de tous bords, comment cette crise pourrait nous interroger profondément ? Nous vous proposons 3 grandes questions que cette crise pose à notre sens aux chrétiens : Partie 1 : cette crise questionne notre rapport à la politique Partie 2 : cette crise questionne notre rapport à l’Eglise Partie 3 : cette crise questionne notre rapport à la théologie


Partie 1 : Cette crise questionne notre rapport à la politique

Enfin, le dé-confinement commencera le 11 mai ! Alors que nous sommes au début de la fin, cette crise soulève des questions : Comment en sommes-nous arrivés là ? Les problèmes dans les hôpitaux, des médicaments non disponibles, une dépendance économique de la France... Comment avons-nous géré cette crise ? Mise en place du chômage partiel massif pris en charge par l’Etat, confinement, arrêt de l’économie, nationalisation ou non de certaines entreprises, primes au personnel médical, débat sans fin sur un potentiel traitement, etc. Quels changements cette crise va-t-elle amener dans notre manière de vivre ensemble ? Macron lui-même a parlé d’un changement à opérer dans sa façon de voir le monde et de faire la politique. Cette crise devrait tous nous questionner parce qu’elle touche nos habitudes de vies, notre santé, nos finances et nos projets. Notre modèle de société peut-il être amélioré ? Et nous chrétiens ? Qu’avons-nous à dire sur ces sujets ? Oui nous pouvons et nous devons prier, mais encore ? Oui nous pouvons prêcher l’évangile qui apporte du réconfort à ceux qui souffrent, mais encore ? Oui nous pouvons leur enseigner que le bonheur ne dépend pas des circonstances, mais encore ? Être tous en prison comme Paul est-ce un idéal de société souhaitable ?

Après tout, les chrétiens devraient-ils vraiment s'intéresser à la politique ?

Ne devrions-nous pas avoir d’autres priorités ? Évangéliser par exemple ? Après tout Jésus lui-même l’a dit : “Son royaume n’est pas de ce monde”. Mais alors, les chrétiens ne devraient pas se préoccuper de la façon de traiter nos malades, de prendre soin de ceux qui perdent leur emploi et de faire en sorte que la vie soit meilleure pour tous ?

La question de la justice et d’aimer son prochain importe-t-elle pour Dieu ? Si oui, s'intéresser à la politique est un devoir !

Et pourtant, qu’avons-nous à dire sur la politique d’une manière générale en dehors de grandes déclarations générales et creuses qui sonnent comme des voeux pieux sans projet concret ? “Le monde ira mieux et les gens seront gentils”. De notre point de vue, force est de constater que les chrétiens brillent en général par une absence de réponse fouillée à ces questions. Pourtant il faudra bien s’y mettre un jour. Imaginons que 80% de la population devienne chrétienne. Il faudra bien voter ? Ou pas ! Dans tous les cas ce que nous ferons aura une dimension politique ! Y avons nous seulement pensé ? Très peu malheureusement ! Trop occupé dans notre quête d’atteindre et influencer le monde nous oublions de nous poser les questions suivantes : Comment allons-nous l’impacter ? Comment allons-nous l’influencer ? Qu’allons-nous faire avec la démocratie, l’économie et les diverses questions sociétales ? Finalement, comment aimer son prochain transparaîtra-t-il dans les choix politiques ? N’est-ce pas inquiétant qu’alors que nous sommes si préoccupés à atteindre le cockpit, nous négligions de nous poser la question : “Dans quelle direction irons-nous en tant que société ?” L’histoire nous a pourtant montré qu’une majorité de chrétiens ne faisait pas surgir magiquement le meilleur des mondes. Avons-nous tiré leçon de nos erreurs passées ? Pourquoi notre génération serait-elle meilleure ? Notre optimisme aveugle ne cacherait-il pas une arrogance mal placée ? Serions-nous capables de sortir des grandes déclarations générales “De l’amour dans le monde et de la joie dans le coeur des enfants” pour oser faire des propositions concrètes et réfléchies quitte à ne pas être consensuel ? Nous ne pourrons échapper à la politique, alors débattons ! Nous ne sommes pas hors du monde que nous le voulions ou non. Prendre le temps de réfléchir à la trace que nous allons y laisser nous semble être de la première importance !

L’illusion de l’apolitisme ! Beaucoup d’Eglises aujourd’hui se déclarent “apolitiques”. Effectivement une Eglise peut ne pas se prononcer pour un parti. Mais au niveau des idées il est impossible d'échapper à la politique. Notre discours aura forcément une prolongation politique. Si j’encourage à bien travailler dans mon emploi j’ai un discours politique. Quand j’appelle à la non-violence, j’ai un discours politique. Quand je dis que la fin est proche, j’ai un discours politique. Se penser comme “apolitique” c’est pire que tout, c’est mentir, ou pire, se voiler la face sur notre point de vue sur le monde. Tout est politique ! Parce qu’aimer notre prochain devrait être notre priorité, réfléchir aux questions politiques nous semble incontournable. Et vous qu’en pensez-vous ?

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